La rêvolution satanique, Editions Memoriae, 2008

La rêvolution satanique

  

Ce livre s’interroge sur les raisons de la révolte de la jeunesse en France en 2005-6. Après avoir présenté l’opposition contre l’autorité de l’Etat il est établi que l’ordre psychanalytique et social-démocrate, conséquence de la révolte de Mai 1968, est devenu un problème et un frein à l’émancipation de la jeunesse. Critiquer la génération des soixante-huitards et des hippies revient à contester un système de contrôle social bien pensant mais aussi paradoxalement dangereux, fixant des limites inacceptables pour une grande partie de la jeunesse. Dans la lignée de la critique de la sociologue américaine Sherry Turkle, dans son livre La France freudienne, il est montré de quelle manière l’adhésion massive de l’intelligentsia puis de la population au paradigme psychanalytique constitue un danger pour les fondements du pacte social français. La critique de la religion et son exclusion de la sphère publique et privée, pose la question de l’ordre moral. On a assisté en une génération au passage d’une société encore structurée par la morale chrétienne, à une morale psychanalytique, voire psychiatrique, dont les textes fondateurs posent la question de son bien fondé. Une partie relaie l’analyse du psychiatre Thomas Szasz qui dénonce les dérives de sa discipline, qui devient un élément de gestion de la population d’un point de vue biopolitique. La révolte contre les dominants de la société française passe par la dénonciation de l’ordre psychiatrique. Ce point de vue doit être relativisé car la scientologie utilise cette rhétorique tout en mettant en avant une croyance religieuse reposant sur des thèmes très inspirés par la science-fiction.

Une des causes de la révolte urbaine se trouve aussi, justement, dans un imaginaire de la guérilla véhiculé par la science-fiction. De nombreux films du courant cyberpunk présentent des scènes de violence urbaine, comme Akira ou Judge Dredd. Les jeunes furent-ils inspirés par les films violents pour se révolter ou regardent-ils des films violents car ils témoignent de leur réalité quotidienne? Les personnages des œuvres de science-fiction étudiées luttent souvent contre le pouvoir de multinationales qui contrôlent la population bien souvent grâce à la technologie. Un imaginaire de la révolte urbaine joue un rôle important dans la construction du discours et de la motivation de révolte.

D’un autre côté se propage un imaginaire biopolitique, de contrôle de la population, souvent dans des fictions futuristes mettant en scène une société dystopique. Une partie s’intéresse aux procédés de répression et de modification des corps dans la science-fiction. Le genre a souvent représenté des technologies permettant de contrôler les individus en les immobilisant dans des structures répressives, ou en assurant la mutation de leurs corps grâce à la cybernétique ou à la génétique. Après avoir présenté quelques exemples, il s’agit de réfléchir aux relations entre l’idéologie New Age et la science-fiction afin d’évaluer la dimension mystique de cet imaginaire. Les excès spéculatifs peuvent générer des délires dangereux pour les individus et la société. Certaines bulles spéculatives, dans l’économie, peuvent mener à des crises parfois très graves, par exemple en 2000 à propos des entreprises de télécommunications.

Le livre s’achève par une réflexion sur le nécessaire retour du religieux dans la population française. Les récits futuristes de la science-fiction pourraient participer à cette évolution. Une approché wébérienne de la science-fiction est proposée. A travers le livre Le judaïsme antique, Weber montre l’importance des représentations du futur et du prophétisme dans cette religion. Les sociétés judéo-chrétiennes ont intérêt à s’intéresser à nouveau à leurs religions afin d’éviter une mutation négative de leurs systèmes sociaux, le rêve matérialiste pouvant mener à une rêvolution satanique.

  
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