MARSISME TV

                       Les films de prospective d'entreprise



 

 

 

 

De plus en plus d’entreprises et d’organisations ont recours à la prospective pour établir leurs stratégies et pour optimiser leurs investissements en R&D. Connaître l’avenir est un enjeu considérable qui mérite de consacrer du temps et de l’argent. Mieux, construire des représentations du futur est une tentation pour des groupes qui cherchent à produire utilement certes, mais aussi dans une perspective de développement durable et en corrélation avec les aspirations collectives des marchés et des sociétés.

 

Les films, souvent assez courts, présentés sur ce site sont produits par des institutions. Nous appelons cela de la science-fiction institutionnelle dans le livre L’innovation, entre science et science-fiction (2017). Les objectifs de ces films sont multiples:

 

-Ils sont les résultats de nombreuses recherches menées au sein de l’organisation qui les diffuse. Ils cristallisent des imaginaires internes qui sont structurés après de nombreuses réflexions sous la forme de récits entre documentaire et science-fiction. 


-Le but pour l’entreprise ou l’administration est ensuite de proposer une vision du futur aux marchés. Un bon film, diffusé sur Internet ou sur d’autres médias, doit ancrer l’organisation dans l’imaginaire collectif, comme vectrice de valeurs positives. Dans le futur, l’entreprise optimise le bien-être des membres de la société. Le film montre les produits dans des situations originales. Des problèmes actuels sont résolus grâce à l’innovation.

 

 

-Ils participent au storytelling à plusieurs étapes du processus de création, de la créativité en amont de l’invention, à la commercialisation des nouveautés.


 

 

 

 

-En établissant des scénarios à l’esthétique science-fictionnelle, le but est d’inclure la réflexion dans une dimension futuriste et politique. Le manageur et le politique ont en commun d’anticiper, de planifier, et de gérer la société pour la rendre plus vertueuse, mieux organisée. Penser le futur exige certes de la rationalité. La prospective est ainsi considérée par certains pères fondateurs de la discipline comme une science en devenir. D’autres la conçoivent davantage comme un art. Le recours à la fiction et à l’art pour établir les visions du futur n’est pas nouveau. Dans l’histoire, les représentations du futur ont souvent eu un impact dans les décisions des puissants, même si le charlatanisme a aussi parfois mené à de cruelles désillusions pour les acteurs trop confiants dans les arts divinatoires.

 

 

Nous avons étudié dans une partie du livre L’innovation entre science et science-fiction la science-fiction institutionnelle développée dans des anthologies sponsorisées par des entreprises comme Microsoft ou des think tanks. Imaginer le futur passe par le recours à cet imaginaire de plus en plus fréquemment. Les innovateurs américains, de la Silicon Valley par exemple, réalisent en quelque sorte les technologies utopiques décrites dans la science-fiction diffusée à la télévision ou dans des revues pendant leur enfance. Les managers les plus influents partagent une culture, un imaginaire devenu dominant. Cet imaginaire est à l’origine de leur pensée technique, puisqu’il a orienté leur intérêt pour les sciences dès leur plus jeune âge. Un cercle vertueux entre le management des entreprises innovantes et la création d’un imaginaire de plus en plus débridé, par exemple à Hollywood, assure à l’Occident, et aux Etats-Unis plus particulièrement, une domination planétaire grâce au soft power.

 

Les petits films présentés sur Marsisme TV s’intègrent dans une réflexion plus générale sur les modalités d’insertion de ces fictions futuristes dans le développement des stratégies organisationnelles.

 

 

 
 
 
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